• BMW : Veni, Vidi, Vici

    BMW : VENI,VIDI, VICI

     

    BMW : Veni, Vidi, Vici


    BMW l’a fait. Le général Marquardt a beau eu durant toute la saison cacher les ambitions de ses troupes, personne n’était dupe. La marque à l’étoile jouait bel et bien le titre. Comme César, Marquardt peut à son tour clamer haut et fort « Veni, Vidi, Vici ». A l’instar des victoires de César, le triomphe de BMW ne peut souffrir de contestation. Titres pilotes et constructeurs sont venus parachever une saison exceptionnelle au cours de laquelle la montée en puissance fut linéaire et constante.

    Dès le début les troupes de l’hélice ont réalisé qu’elles disposaient d’une arme capable de tenir la dragée haute aux habituels barons de la discipline. La victoire sur le Lausitzring fut la preuve éclatante que BMW n’était pas là pour faire le nombre. Dans la foulée de la vague d’enthousiasme entourant le retour d’une marque emblématique du supertourisme, Spengler apportait la victoire qui devait mettre le constructeur sur les bons rails. Le franco-canadien s’affirmait au passage comme le leader de la meute BMW. C’est lui qui devait mener l’assaut des troupes munichoises. Bruno a su s’affirmer comme un vrai leader, travaillant en osmose avec son équipe, la tirant vers le haut. Le parallèle à faire avec Tomczyk est révélateur. L’allemand pourtant tout juste auréolé de son titre 2011 n’a pas su avoir le même impact psycho-sportif. Il ne véhicule pas non plus la même empathie que le sympathique franco-canadien. Il est vrai aussi que l’équipe Schnitzer, de par son histoire semblait devoir être le fer de lance de l’armada munichoise.

    Ce titre récompense un pilote rapide qui a parfois pu se sentir déconsidéré chez Mercedes. A chaque saison il se battait pour le titre, sans jamais accrocher le graal, ni recevoir la gratitude qu’il pensait mériter. Ce titre DTM couronne un pilote plein d’abnégation au parcours exemplaire. Qu’on se rappelle cet hiver 2003. A la suite d’un accident en essai F3, le nouveau sociétaire ASM se brise une vertèbre. La saison démarra sans lui, 3 meetings ratés. Depuis son accession au DTM en 2005, il est à chaque saison un sérieux prétendant. Entre 2005 et 2011 il termina à 4 reprises sur le podium grâce à sa consistance. Pilote solide s’il en est, Spengler fut en 2012 le meilleur performer, 4 victoires. Tous les ingrédients étaient réunis, vélocité en consistance.

    La compétitivité immédiate de BMW est aussi (et surtout ?) à mettre au crédit d’un règlement sportif intelligent favorisant l’équité et la maîtrise des coûts. La coque carbone commune à tous favorise l’accession à la discipline de nouveaux constructeurs en baissant le coût d’entrée technologique. Au petit jeu de la concurrence interne, Schnitzer tiré par Spengler décroche le titre équipes. RBM grâce à Farfus parvient à tirer son épingle du jeu avec une victoire. Le brésilien a décroché les lauriers dès sa première saison DTM, ce qui est un vrai exploit. Il est vrai que même étant considéré comme un débutant, il ne peut être mis dans la même catégorie que les Tambay, Merhi, et autres Wickens. Le brésilien possède une expérience bien plus ample. La déception vient de Tomczyk qui n’a pas su avoir le même impact que Spengler au sein de RMG, même s’il s’en ait fallu de peu au Norisring…

    Le retour de BMW a donné un vrai coup de boost médiatique (salvateur ?) à la discipline. Il n’y a qu’à voir les vagues de supporters griffés « I’M fan », « I’M back »… aux abords des circuits pour mesurer l’écart entre la France et l’Allemagne en matière d’amour du sport automobile. Les constructeurs sont capables de créer un véritable enthousiasme à rapprocher du football (toute proportions gardées bien sûr !) auprès du public. Dans le train m’amenant sur le circuit du Norisring, demandant à quelle station je devais descendre, un groupe badgé Audi me demanda quel constructeur je supportais. Les fans ont un attachement à un constructeur comme d’autres l’ont envers une équipe de football. Le fan (allemand) de DTM ne supporte pas un pilote (juste de passage) mais une institution, un constructeur. On est BMW, Audi ou Mercedes ! Je suis curieux de voir l’effet que provoquera un constructeur nippon s’il venait mettre son grain de sel dans cette affaire germano-allemand à l’horizon 2014…

    La montée en puissance de Spengler et de BMW fut habile, ce qui la rendit implacable. Elle fut surtout bien camouflée par le rusé Marquardt. Le général de BMW répétait à longueur d’entrevues que BMW ne visait pas les titres. Une communication toute en humilité, tranchant avec la mentalité conquérante allemande mais qui eut le mérite de ne pas mettre la pression sur ses troupes, tout en la portant sur ses adversaires. Une arrivée à pas de velours, tel un chat guettant sa souris pour lui bondir dessus au moment opportun (Valence et Hockenheim). Pendant ce temps, Paffett et Mercedes se prenaient les pieds dans le tapis (Zandvoort et Valence) pour se faire croquer au final.

    Ce sacre apporte un vent de fraîcheur au DTM et rebat les cartes. Chez Mercedes, à qui les titres semblaient promis on s’achemine vers un grand chamboulement. Exit les pilotes badgés F1, mascottes à médias mais largués, pour se recentrer sur 6 voitures. Les économies réalisées iront alimenter l’équipe F1 perdu au milieu du brouillard… Ça devrait également bouger chez Audi où le brillant Mortara devrait s’affirmer comme le fer de lance des anneaux revanchards. Quant aux 7è et 8è BMW elles attirent toutes les convoitises…

    Paul Huertas

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