• Lettre ouverte à Monsieur Fréquelin

    LETTRE OUVERTE A MONSIEUR FREQUELIN.

     


    Cher Monsieur Fréquelin, j’ai infiniment de respect pour votre œuvre dans le sport automobile. Vous avez construit la meilleure équipe de rallye qui soit, découvert et fait éclore Sébastien Loeb. Le sport automobile français vous doit énormément.

    Mais je tiens ici à donner un coup de patte au grizzli. Je suis en total désaccord avec votre vision de la compétition automobile, ou tout du moins votre virulente critique envers Olivier Quesnel, votre successeur. C’est vous qui l’avait installé à la tête de votre bébé. Il était l’héritier choisi, adoubé. Pourtant, vous n’avez eu de cesse de vilipender sa gestion sportive dès que l’opportunité s’en présentait.

    Juste un exemple parmi bien d’autre, dans l’émission « motors » de jean-Luc Roy, sur RMC Info, le 11/03/2012, une fois de plus vous lâchez, acerbe, aprés la décison d’Yves Matton au rallye du Mexique de figer les positions entre Loeb et Hirvonen, une nouvelle attaque contre la gestion Quesnel : « Enfin une bonne décision de prise dans cette équipe. » De votre pupitre vous distribuez les bons points « Je suis très satisfait de la décision de Yves, parce que l’année dernière ça été du grand n’importe quoi ». Est-ce parce que vous n’étiez pas satisfait des décisions d’Olivier Quesnel que celui-ci fut débarqué ? Est-ce également parce qu’il ne protégeait pas assez Loeb ?

    Vous défendez et prônez l’instauration de consignes. A mon sens les consignes sont le cancer du sport auto ! Vous partez du postulat que les constructeurs sont en compétition pour vendre des voitures, que des intérêts autrement supérieurs aux pilotes sont en jeux. Je comprends la logique mais souhaite y opposer une autre logique, celle du sport. La compétion automobile est un spectacle. L’intérêt pour le spectacle proposé naît de la concurrence sévère entre les protagonistes, des histoires à raconter, des luttes fratricides qui font le sel du sport et la passion. Tout le monde a en mémoire les luttes intestines Prost-Senna. Elles restent parmi les plus belles pages de l’histoire du sport auto. Ces luttes sont d’autant plus nécessaires, vitales, lorsqu’une équipe sur-domine la concurrence comme ce fut le cas de Citroën ces dernières années. De ces luttes naît l’engouement, qui permet d’élargir le public (donc de nouvelles cibles markéting), enclenchant un cercle vertueux bénéficiant à la médiatisation dudit championnat. C’est cette sacro-sainte médiatisation auprès du plus large public possible que cherchent les constructeurs engagés.

    En donnant des consignes scandaleuses, vous faussez le sport, provoquez la déception du public. Le championnat perd de son intérêt. Quel intérêt y’a-t-il à regarder Loeb parader pour Citroën, Total et RedBull ? Le risque est de voir le public se détourner, et le cercle vertueux de s’en trouver ainsi brisé ; baisse de la médiatisation, baisse de l’intérêt à engager des sommes dans un championnat, désertion de la compétition par ses acteurs. Vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis ! Il n’y a rien de pire pour l’intérêt d’un sport, qu’une ultra domination jamais inquiétée.

    Le sport auto est un spectacle devant engendrer de la passion, de la ferveur, entraînant de la médiatisation. De cette médiatisation, les constructeurs en tirent une aura, une image de marque, quelque chose qui ne se palpe pas mais qui fait vibrer.

    Respectueusement, et sportivement.

    Paul Huertas.

    https://www.facebook.com/AsphalteBlog


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :