• MERCEDES F1 : VENI, VIDI, VITE PARTI

     

    Mercedes F1 : Veni, Vidi, Vite parti…


    Décidément AutoHebdo est en verve en ce moment. Ils prouvent que pour faire de l’info, la base c’est encore le journalisme, l’investigation. Après l’annonce du rachat de Citroën Sport par le Qatar (restant à être officialisé http://asphalte.eklablog.com/quand-y-a-dollar-y-a-qatar-le-qatar-racheterait-citroen-sport-a48255127) voilà que le journal récidive et donne une nouvelle fois le tempo de l’actu.

    Mercedes se désengagerait de son écurie officielle de F1 en 2014. Par un tour de passe-passe, l’équipe deviendrait AMG F1. On y recaserait Schumacher en tant que Team Principal ou un truc du genre. Mais il n’est en aucun cas question de se retirer complètement de la F1. L’étoile restera motoriste.

    Si l’opération se confirmait, elle marquerait un constat d’échec de Mercedes. Le constructeur avait racheté Brawn GP avec pour ambition d’y poser son nom et de perpétuer le succès (miraculeux) de l’écurie, genre « on s’achète le succès vite fait bien fait ». Non content d’engranger des victoires et des titres avec McLaren, il fallait à la firme à l’étoile plus de visibilité. La gloire ne se partage pas. Voilà pourquoi Mercedes a voulu son écurie. L’on sait désormais avec quel succès.

    Maintenant Mercedes cherche une porte de sortie pour se désengager de son couteux et infructueux programme. Le tour de passe-passe consiste en quelque sorte à avoir le beurre et l’argent du beurre, et le sourire de la crémière en prime ! En renommant son écurie AMG F1, Mercedes espère bénéficier de façon indirecte des retombées médiatiques des futurs résultats. Mais voilà, comment une équipe qui verrait son budget drastiquement réduit pourrait-elle faire bonne figure ? Mercedes peut-elle se permettre de voir une « écurie-filiale » se débattre sans que les mauvais résultats n’affectent négativement l’image de la gamme AMG et par extension de Mercedes ? Mercedes n’a pas besoin des succès en F1 pour vendre des voitures, ni pour sa notoriété. Mais les mauvais résultats, eux, auront un impact sûrement négatif sur la marque.

    Mercedes a trouvé une échappatoire mais sur le long terme le pari peut s’avérer risqué. A moins que l’écurie AMG F1 ne soit qu’une transition, avant une revente totale. Néanmoins, l’aventure Mercedes F1 aura été de courte durée, et peu glorieuse. Une sorte de Veni, Vidi, Vite parti !

    Paul Huertas

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  • QUAND Y'A DOLLAR, Y'A QATAR : LE QATAR RACHETERAIT CITROEN SPORT

     

    Quand y’a dollar, y’a Qatar : le Qatar rachèterait Citroën Sport.


    L’annonce s’apparente à un tremblement de terre dans le monde du sport auto. D’après AutoHebdo à paraître demain (01/08/2012) le Qatar rachèterait Citroën Sport.

    Décidément rien ne semble échapper au sulfureux Qatar et à sa politique effrénée d’acquisition. Il est vrai que lorsque l’on dispose du plus grand fonds souverain de la planète on peut se laisser aller à la gloutonnerie tous azimuts. Le fonds Qatar Investment Authority (QIA) pèse quelques 700 milliards de dollars. La France semble être de plus une cible privilégiée pour ce micro Etat de 11 437 km2. Cela se fait selon 3 axes : immobilier, actionnariat d’entreprises et enfin sport.

    Doha rachète à tour de bras sur le sol hexagonal, bien aidé par une loi fiscale sur-mesure. Depuis 2008 les investissements immobiliers ne sont pas imposables sur les plus-values et les résidents qataris en France ne payent actuellement* pas l'ISF pendant leurs cinq premières années de présence. On ne compte ainsi plus le nombre de palais, hôtels particuliers etc rachetés par l’émir du Qatar ou son entourage.

    QIA est également actionnaire de nombre d’entreprises stratégiques françaises : Lagardère (défense et presse), Veolia environnement (services collectifs), Suez (énergie, services collectifs), Vinci (BTP).

    Enfin le sport tient une place de vitrine médiatique dans les investissements qataris. Le confetti, fort de ses pétro-gazo-dollars (3è producteur mondial de gaz) s’est ainsi offert l’organisation de la Coupe du Monde 2022 en dépit de toute logique et de soupçons persistants de corruptions. Les clubs de foot sont également rachetés. Le PSG ces derniers mois pour ne citer qu’un exemple français.

    Dernière étape en date, le probable rachat de Citroën Sport. Aucun montant n’est pour l’instant donné, ni aucun détail concret du fonctionnement futur. L’on peut néanmoins s’interroger sur les conséquences.

    La première et la plus heureuse est vraisemblablement le maintien des emplois liés à l’activité sportive. Voilà bien des familles qui voient les lourds nuages gris pesant sur leur futur se dissiper (du moins espérons-le). La deuxième bonne nouvelle est sportive, avec le maintien de l’activité compétition des chevrons. Je ne vais pas ici m’égarer en conjectures sportives que vous lirez à loisirs partout ailleurs…

    Je préfère ici poser la question de la cohérence future de 2 entités différentes, mais portant le même nom, et ne répondant pas aux mêmes interlocuteurs. D’un côté nous aurons PSA et de l’autre Citroën Sport dont on peut même imaginer un changement de nom… un truc du genre Qatar Citroën Sport. Si le Qatar est propriétaire de Citroën Sport, aura-t-il toute latitude pour l’engagement sportif ? Ce serait logique, en application de la règle « je suis proprio, je paye, je fais ce que je veux ». Les programmes seront-ils définis par PSA en fonction d’un plan de communication global et cohérent comme actuellement ? Ou au gré des envies et humeurs de Nasser Al-Attyah dont la logique voudrait qu’il soit une cheville ouvrière de la future entité, et donc indépendamment de PSA ? Cette dichotomie n’entraînera-t-elle pas des situations ubuesques ? Exemple, notre bon Nasser se lève un matin en voulant refaire le Dakar, et hop un programme Dakar. Un autre matin, une envie de gymkhana, bein oui, c’est plus simple que le rallye (pas vrai Ken ?!), et hop un programme ! Le tout en dépit de la stratégie de communication de PSA. En vendant l'entité sportive, le constructeur "se vend" au risque de voir s’échapper toute son image sportive et au-delà, sa communication et son image tout court ! PSA sera-t-il tenu, responsable des agissements de la branche sport vendu ? Je veux dire par là, l’image de PSA et Citroën devra-t-elle être associée aux activités sport, gérées indépendamment ? Cette dichotomie ne sera-t-elle pas à la longue néfaste au groupe ? Ne risque-t-elle pas de brouiller le message markéting ?

    Il y’a là bien des risques dont PSA doit se préserver. Comment faire pour que cette nouvelle entité théoriquement indépendante soit sous la direction stratégique de PSA alors que le groupe ne devrait théoriquement ne plus y engager un euro ?

    Paul Huertas

     

    *si quelqu’un en sait plus sur cette loi au vu des dernières dispositions fiscales je suis preneur ! A ma connaissance cette loi d’exception n’a pas été modifiée…

     

    PS : cet article a été rédigé en partie avec comme source le site d’info http://www.slate.fr/ qui a écrit nombre d’excellents articles sur le Qatar (http://www.slate.fr/story/39077/qatar-france entre autres...)


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  • MERCATO : COURSE A L’ALLUMEUSE

    MERCATO : COURSE A L’ALLUMEUSE


    Voilà c’est l’été, les pieds dans l’eau, la hollandaise rose-cochon qui empeste la Biafine en soirée et les rumeurs du mercato. Le cocktail est complet et a de quoi faire tourner la tête, et comme souvent, beaucoup de parlotte pour peu d’actes.

    La F1 à cette propension à parler pour ne rien dire. Au final on se retrouve avec un « tout ça pour ça ». Le pilote, comme tout bon sportif n’assimile que les schémas simples, tant mieux la renégociation de contrat suit un algorithme sommaire. Comme toute allumeuse de soirée d’été, le pilote veut se faire passer pour indispensable et surtout assailli par les courtisans. Elle fait saliver, pour finalement rester dans vos bras. Webber, pourtant au sein de la meilleure écurie a fait croire en des négociations avec une belle italienne, pour finalement rester dans les bras de son autrichienne préférée, et il nous refait le coup chaque été !

    L’allumeuse du moment s’appelle Hamilton, enfant chéri et gâté de McLaren le voilà prêt à la quitter pour des bras plus accueillants. Problème, pour aller où ? Car les baquets de top teams sont tous pourvus. Tanpis, plus c’est gros, plus ça passe ! On risque donc de lire les plus absurdes rumeurs distillées par son entourage. McLaren va entrer dans le jeu pour faire croire à sa capricieuse qu’elle est unique et la prolonger. Mais saperlipopette ! Sur quelle planète vit-on ! McLaren est une institution de la F1, piloter pour elle est un honneur. Il y’a inversion des valeurs. Le pilote est désormais supérieur à l’institution. McLaren devrait montrer qui est le mâle ! Laisser Hamilton gesticuler pour finalement le prolonger au dernier moment, sans augmentation. Car la pleureuse, après avoir vu que l’herbe n’est pas plus belle ailleurs sera obligée de rentrer à la maison.

    Idem chez Mercedes. C’est l’écurie qui attend le bon vouloir de sa danseuse capricieuse. Va-t-elle rester au bercail ? Ou décider de plier bagages ? Schumacher à l’orgueil du champion, il est revenu, il va persévérer, ne partira pas la queue entre les jambes. Di Resta peut attendre…

    Chez Ferrari cela semble un peu plus compliqué. Massa est totalement lessivé mentalement. Le mental n’a jamais été son point fort, mais là c’est le Radeau de la Méduse ! Ferrari cherche un 2è pilote expérimenté et solide ne faisant pas d’ombre à Alonso. Un jeune semble donc exclu. Dommage pour Perez. Webber, approché, s’est servi des rouges comme d’un vulgaire levier de négociation. Du coup, hop, psycho thérapie pour le petit brésilien, un stage d’hiver en montagne, et on croise les doigts pour le revoir en 2013 avec un mental neuf…

    Les seules équipes qui verront leur line-up pilote changer sont celles de 2è partie de grille. Et là, tout est affaire de valises garnies. Belle valse des baquets en perspective, le tout chorégraphié par les sponsors des pilotes.

    En rallye la situation est presque idoine. Le vrai suspens est la retraite de Loeb. Le sujet revient sur le tapis régulièrement. L’an dernier c’était pour renégocier un pont d’or et obtenir l’ostracisation d’Ogier qui faisait ombre au tableau idyllique chez les chevrons. Cette année le dilemme semble encore plus réel. Point de renégociation, juste un sentiment de lassitude, d’avoir fait le tour, et plutôt 8 (9 devrais-je dire) fois qu’une. Son départ laisserait un vide galactique. Ça serait d’autant plus dommageable pour le sport au moment où la concurrence semble plus rude avec l’arrivée ambitieuse de VW.

    Partir, mais pour aller où ? Rejoindre son équipe en WEC pour faire de la figuration derrière Toyota et Audi ? En GT Tour, au milieu des gentlemen drivers ? Pas vraiment à sa dimension… Son départ, allié aux tragiques difficultés de PSA pourrait sonner le glas de Citroën en WRC…

    L’arrivée de VW donne plus de possibilités au mercato. Qui avec Ogier ? La logique sportive réclame Mikkelsen, produit du groupe, rapide, tenant la comparaison avec Ogier, et belle gueule de parfait gendre en adéquation avec l’image VW. Les rumeurs font pourtant état d’un pré-contrat déjà signé avec JM Latvala dont la saison devrait plutôt pousser à ramper à plat ventre devant Malcolm Wilson pour demander l’absolution de ses fautes. Au vu de la saison de ses pilotes, Wilson se devrait de les punir, de trancher dans le vif, même si ça fait mal. Solberg sauve les meubles mais ne fait plus illusion. Sordo est disponible, on le sait consistant. Dans un contexte de difficultés financières, pourquoi ne pas se tourner vers Novikov, rapide et surtout bien accompagné… ?

    Enfin, bien de circonvolutions intellectuelles, mais le billard mercatolien à plusieurs bandes fait partie du jeu, et sur la plage ça fait passer le temps… « Un verre demoiselle ? »

    Paul Huertas.

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    PS : Je tiens à préciser que ce n'est pas moi sur la photo 


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  • NOUVELLE-ZELANDE, TETE A L’ENVERS MAIS ORDRE RESPECTE, CQFD.


    Le fait de rouler aux antipodes, la tête à l’envers n’a pas chamboulé les habitudes du championnat. Un championnat ou le suspense est aux abonnés absents. Une fois de plus le déroulement de la course fut le même, le podium connu dès le soir du premier jour.

    Comme à l’accoutumé, les pilotes Ford ont anéanti leurs chances dès le premier jour. Pour la deuxième fois en 2 rallyes consécutifs, Solberg a fait un choix pneumatique à la gomme ! Il est parti en pneus durs sur une surface souple arrosée par les pluies. Le Viking se condamnait une énième fois cette saison, dès le début, à une course-poursuite. Quelle idiotie, car s’en est une, quel pari a-t-il voulu tenté ? Comment lui et l’équipe ont-ils pu se planter encore une fois. Ils ont été les seuls parmi les tops à faire l’erreur.

    Latvala fut fidèle à lui-même, une fois de plus. Parti sur un bon rythme, il s’emmêla les roues dans une corde dès la première étape, bis repetitae, et empêtré dans du barbelé en prime ! Bref, Solberg et Latvala accusaient respectivement 1’39 et 4’56 de retard dès le premier soir.

    Et comme d’habitude, Citroën avaient déjà fait le trou, Loeb devant Hirvonen pour 4’’, Novikov 3è à déjà 1’31. Course fini, tirez le rideau. Sauf que voilà, une fois n’est pas coutume, chez Citroën on s’est rappelé qu’on est en rallye pour aussi faire du sport. Yves Matton a annoncé qu’il laisserait ses pilotes se battre pour la victoire lors de la 2è journée. Ils avaient vraiment la tête à l’envers !

    Mais voilà, mon esprit retord n’y croyait pas, doutait. Les pilotes Citroën étaient les seuls qui jouaient encore quelque chose à l’aurore de la 2è journée. Solberg ne ferait qu’une bouchée de Novikov, pour ensuite rallier l’arrivée en 3è position, comme d’hab’ quoi ! Donc si les chevrons devaient vraiment se battre, logiquement ils auraient dû accaparer les scratches et creuser l’écart sur le 3è. Bein pas vraiment en fait ! Au cours des 7 spéciales de samedi, Loeb, Lavala et Solberg ont chacun signé 2 meilleurs temps, un seul petit pour Hirvonen (le dernier du jour). La veille, Loeb en avait signé 5 contre 2 pour son homme lige. Au soir de cette 2è journée, Loeb devançait Monsieur Numéro Deux de 6’’4, Solberg 3è avait même repris un peu de temps alors qu’il n’avait plus rien à espérer, et était à 1’33. Donc je pense que malgré les déclarations de Matton, les positions étaient figées depuis vendredi soir. CQFD. C’est le scénario immuable de la saison, une journée de course, le temps que Loeb prenne l’avantage sur son écuyer, et que Ford se soit fait hara-kiri. Le reste se résume à une procession vers l’arrivée.

    Encore une fois, le samedi et le dimanche étaient dédiés aux jeunes pousses, Novikov, Neuville et Tanak. Car depuis le début de saison, il n’y a que ces 3 chiffonniers pour animer les 2è et 3è étapes, au gré de certains chronos flatteurs (lorsque devant ça n’attaque plus vraiment), et quelques erreurs et passages par le rallye2. Des trois, le plus expérimenté est Novikov, son style est généreux, un peu trop même, laissant au passage de précieuses secondes dans ses travers trop prononcés. Mais c’est aussi le plus consistant. Il s’est acheté une conduite cette saison. Fini l’amalgame vitesse et précipitation, le voilà plus réfléchi. Il a perdu en panache, mais son compteur point le remercie. Tanak et Neuville sont un peu plus brouillons. Ils alternent bon chronos, et passages par la case rallye2. Mais ce weekend ils ont livré un rallye plus consistant. La lutte entre Tanak et Neuville valait le détour. Il semble bien que depuis quelques rallyes, le pilote Citroën prend l’ascendant sur l’espoir M-Sport. Neuville a commencé son dimanche de bon pied, par 2 scratches, mais Tanak semblait néanmoins difficilement prenable. Jeunesse doit se faire, dit-on, et en rallye ça passe par des tonneaux. Tanak est donc parti à la faute dans la 20è ES. C’est bien dommage, car sa course avait été excellente, et il ne lui restait que 2 ES à boucler, dont la Power Stage. Le protégé de Martin semble quelque peu perméable à la pression. Il n’en reste pas moins que leur duel fut beau. Il est a noté que les quelques secondes qui manquaient à Neuville pour vraiment être devant Tanak furent sans doute perdu le premier jour derrière ce flâneur de Nobre, quasi systématiquement rattrapé en spéciale !

    Nous voici arrivé à une particularité bien risible et triste du WRC ; sa 3è division composée de chauffeurs. Leur lenteur, l’absence totale de la moindre technique de pilotage interdit qu’on leur accorde le titre de pilote. Ce sont donc des conducteurs du dimanche, fortunés, souhaitant faire villégiature à travers les plus belles routes mondiales. J’ai nommé les Block (qui n’y est jamais !), Nobre, Villagra et consorts. Ce n’est pas la première fois que le sympathique mais incroyablement mauvais Nobre gène ses suivants en spéciales. Il faudrait vraiment le faire partir systématiquement dernier des WRC, avec 3-4 minutes d’avance sur les SWRC suivantes. Ce petit groupe de joyeux drille est là pour accomplir leur hobby, rien de plus. Un point à sauver pour l’américain, de par sa renommée, sa communication moderne et énergique il participe à une certaine médiatisation de la discipline. Il est le plus populaire sur les bords de routes. Il est également vrai que c’est là qu’il y passe le plus clair de son temps ! Sa vidéo de gymkhana fut la plus visionnée sur YouTube l’an dernier. Il prouve qu’il y’a un potentiel médiatique pour le rallye, mais qu’il est incroyablement mal exploité.

    Nous voilà donc à mi-parcours du championnat. Prochain rallye en Finlande, où Hirvonen, s’il s’en donne la peine, devrait être récompensé de sa loyauté sans faille par l’autorisation de gagner. A moins que Latvala et Solberg nous réservent une bonne surprise, un sursaut d’orgueil, de fierté et d’intelligence de course.

    Paul Huertas

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  • PESCAROLO, SYMBOLE ROMANTIQUE D’UNE AUTRE EPOQUE

    Au cours de ces 24h du Mans il y’avait une silhouette qui faisait peine à voir. Un grand monsieur de l’endurance, touchait le fond au grand dam de ses indéfectibles supporters. Monsieur Henri Pescarolo vécu sans doute sa pire course sur les terres qui firent sa légende.

    Monsieur Pescarolo est le dernier dinosaure français d’une époque révolue, qui appartient désormais à la mythologie du sport automobile. Pescarolo c’est l’image d’une ère perdu ou les pilotes engageaient leurs vies lorsqu’ils montaient dans le baquet. Comment oublier cette nuit pluvieuse d’automne* 1968, au Mans, au cœur de la nuit, Lagardère patron de Matra réveilla Henri pour lui annoncer l’abandon de son coéquipier Servoz-Gavin sur problème mécanique ; essuie-glace en panne. Il en fallait plus pour décourager l’homme à la tête de bois ! Henri prit donc le volant de sa Matra, s’élança sur les Hunaudières lorsque celles-ci étaient encore les Hunaudières. Pescarolo troue le brouillard et la pluie sarthoise. La foule découvrit un Dartagnan intrépide, une légende et une histoire d’amour naquit. Au volant d’une voiture loin du compte, l’exploit de la nuit ne passera pas le cap du matin dominical, à l’heure où les bigotes sortent de la messe, cette dernière est également dite pour la Matra qui s’échouera sur le bas-côté, terrassée, le dernier râle du moteur s’étouffant dans un incendie.


    Henri Pescarolo est une des légendes vivantes du sport automobile à mettre à côté de Franck Williams. Il fait partie de ces patrons qui ont la course dans le sang, ayant consacrés leur vie entière à la compétition automobile. Ils ont au plus profond de leurs chairs leurs écuries. Ils sont à des années lumières des nouveaux directeurs, majors de promo de grandes écoles, qui ne sont là que de passage et qui débinent aux médias suspendus à leurs bouches, des discours stéréotypés calibrés par des génies de la communication. Pescarolo et Williams incarnent la course automobile, son Histoire.

    Pescarolo c’est aussi une certaine conception du sport automobile, celle d’une écurie « nationale », 100% française. L’idée pouvait séduire, mais elle était à contre-courant de l’évolution moderne. Une idée romantique et désuète. Elle se rattache aux glorieux mythes Matra et Alpine, morts et enterrés depuis bien des lustres. Mais ça fait vibrer les cœurs, son écurie est de loin la plus populaire, la ferveur autour d’elle n’a pas d’égal.

    Voir Henri, du haut de ses années se battre et souffrir comme un damné, pour la sauvegarde de son équipe force l’admiration. Reprendre les commandes de Pescarolo Sport mise en liquidation judiciaire en 2010 relevait de la folie. Mais la passion est difficilement compatible avec la raison. Cette écurie qu’il avait créée, elle coulait dans ses veines, ainsi que le sort de ses membres. Alors le vieux soldat est reparti au combat pour se retrouver à la tête de Pescarolo Team. Mais si l’Histoire de Pescarolo Sport fut couronnée de succès et d’exploits, la marche de sa sœur ressemble à un véritable chemin de croix. Le pauvre Henri aura tout connu ces derniers mois, le tout ressemblant à une lente et inexorable descente aux enfers conclu ce weekend au Mans.

    Ça commença dès mercredi, lorsque Bouillon fut victime d’une sortie de piste au volant de la Pescarolo 03 (dont je ne comprends pas la présence, voiture de base ratée, comment espérer en faire une machine efficace ?). Le pilote dut déclarer forfait pour la course. La voiture fut reconstruite en une nuit, un vrai travail herculéen prouvant, s’il en était besoin, le dévouement extraordinaire des membres de l’équipe. Le calvaire se poursuivit lorsqu’une casse moteur survint lors du warm up. La machine prit finalement le départ des stands pour 20 petits tours. Le parcours de la Dome fut moins pire, ne s’arrêtant « définitivement » qu’à 9h30 pour repartir pour 2 tours d’honneurs avant l’arrivée.

    Cette course fut un crève-cœur pour tout amoureux de Pescarolo, de son écurie, et de sport automobile en général. Voir cette écurie se débattre avec un budget famélique, des ennuis judiciaires, des voitures sous compétitives fait peine à voir. Souhaitons à Henri et son équipe de remonter la pente. Pescarolo est le dernier artisan du sport automobile, ayant la passion chevillée au corps, représentant une certaine forme de la course, des valeurs, une philosophie disparu, mais qu’il serait bon de sauvegarder tel un témoignage du passé. Le sport a besoin de ces David luttant contre Goliath au mépris de toute logique sportive, avançant à la force de la passion.

    Paul Huertas.

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    *En 1968 les 24h du Mans se déroulèrent le weekend du 28 et 29 septembre. La course fut décalée à cause des évènements de mai 68.

     



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  • FORMULE 1, PLATEAU PAYANT, PLATEAU DE LOOSERS.

     


    A regarder de près le plateau F1 on y voit des pilotes dont la présence sur la grille relève de l’oxymore sportif. Le nombre de pilotes « exotiques » s’est multiplié ces dernières années. En cela ils sont le reflet de l’internationalisation de la F1 depuis les années 2000. Rien dans leur parcours ne justifie leur présence dans le pinacle du sport auto qu’est censé représenter la F1.

    L’argent a toujours été le nerf de la guerre en sport auto. Mais l’explosion des budgets combinée à l’émergence de nouveaux marchés ont favorisé l’éclosion de ces pilotes payants. Les équipes ne pouvant réunir indépendamment les budgets pour courir se tournent donc vers ces pilotes. Dans leurs valises ils trimbalent quelques millions salvateurs et stickers pour la voiture. Le talent, lui, reste à la portière. Le palmarès de ces pilotes souligne ce non-sens sportif. Ils ont tous pour point commun un parcours dans les différentes formules honnête mais sans plus. Aucun n’a gagné de championnat dès sa première saison. A vrai dire, nombre de ces pilotes n’a jamais gagné le moindre championnat. Qui peut me donner le palmarès de Senna, Pic et du magnifique Karthikeyan ? Certains autres également subventionnés par des sponsors, même en ayant remporté par exemple la GP2 ne sont pas pour autant des génies. Les Maldonado, Pérez, et Kobayashi présentent également des palmarès pour le moins rachitiques, généralement un titre GP2. Au final ça donne des Massa, pilotes rapides s’ils sont au volant de la meilleure machine, mais incapable de tirer une équipe ou un engin vers le haut.

    La GP2 antichambre de la F1 est victime des mêmes symptômes. Nombre de pilotes qui arrivent en GP2 y sont grâce à leurs budgets plus qu’à leur talent. Ceci a pour conséquence de baisser le niveau global et donc la valeur d’un titre. En fait l’écrémage se fait de plus en plus tôt. Je pense que cette sélection censitaire se fait dès la F3 euro series ou à la WSR 3.5. Si le pilote est un véritable génie (hyper rare), protégé et intégré dans une filière type Red Bull ou d’un constructeur, il continu. Si c’est un pilote « exotique », entendez par là venant d’un pays représentant un marché à fort potentiel et soutenu par de puissants sponsors nationaux, lui aussi continu. Pour ce qui est du pilote, talentueux sans être un Vettel ou Alonso, et non épaulé par ses sponsors, il se réoriente vers un championnat où il peut trouver un baquet pro mais semé d’incertitudes, alternant les piges à droite, à gauche.

    Un tiers des pilotes payent leur baquet. (http://www.liberation.fr/sports/01012396557-quand-la-f1-roule-a-l-economie) Certains l’assument mieux que d’autres. Petrov vexé de l’outrecuidance journalistique lorsque la question de sa mallette lui est posée rétorque fielleusement qu’il n’est pas plus payant qu’un Alonso dont le salaire est payé par Santander ! Petrov qui se compare à Alonso, on aura tout vu au royaume de la prétention ! Williams, équipe mythique s’il en est, doit elle aussi recourir aux pilotes dont le talent se mesure à l’épaisseur de leur valise. Le baquet de Maldonado coûte ainsi 35 millions d’euros au pétrolier national vénézuélien. La somme de Senna est moindre (son « talent » également) mais son nom compense en assurant de la médiatisation autour de l’écurie de Grove. Il en va de même pour Grosjean et Pic. Romain doit sa présence en F1 en grande partie grâce au soutien de Total, et à l’effort dans l’hexagone pour promouvoir un français. Nul doute que pour payer ses impôts il se souviendra qu’il est né en Suisse… (http://tempsreel.nouvelobs.com/sport/20120229.OBS2532/les-sportifs-qui-peuvent-avoir-peur-de-la-taxe-de-francois-hollande.html). Pic, vierge de palmarès bénéficie de l’aide de sponsors privés et de Lagardère Unlimited (qui affiche au passage 600M d’€ de pertes en 2011…). Il en est de même pour Perez chez Sauber, qui peut remercier Telmex. La palme revient tout de même à Karthikeyan. Plus qu’être un non-sens sportif, sa présence en F1 est farfelue ! De même que celle d’HRT. Au passage je salue Force India, exsangue financièrement mais qui aligne néanmoins 2 vrais talents, 2 vrais coureurs auto, au parcours digne de la F1, Di Resta et Hulkenberg (lourdé de chez Williams faute de valise assez lourde.)

    Au final on se retrouve avec un plateau pour le moins hétéroclite. Les meilleurs sont bien là, et le seront toujours. Mais ils côtoient des pilotes au talent plus que douteux, dont la présence relève de l’oxymore sportif. Pas vraiment un modèle de méritocratie…

    Paul Huertas.

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  • LOEB REGNE EN MAÎTRE SUR LE PANTHEON DU RALLYE

    Au pays des légendes divines, Loeb a revêtu sa parure d’Héraclès.

    Le premier des 12 travaux d’Héraclès fut de rapporter la peau du Lion de Némée. Le fils de Zeus s’acquitta de sa tâche en terrassa la féroce bête d’un coup de massue. Ensuite le demi-dieu se recouvrit de la peau de l’animal en guise de trophée.

    Cela fait bien longtemps que l’Héraclès du WRC a écrasé la concurrence. Des trophées acquis, des désillusions des concurrents, Loeb s’en ait fait une parure telle la peau du Lion. La massue avec laquelle il assomme la concurrence hébétée se situe dans son pied droit. Sur son dos, l’alsacien trimbale les scalps des meilleurs pilotes de rallyes.

    Ce weekend a vu la première vrai confrontation directe depuis le début de la saison. Enfin les pilotes Ford ont tenu la dragée haute sur plus d’une demi-journée. Solberg, a mené une belle course et menacé Seb jusqu’au petit matin dominical. Mais il était écrit qu’au pied de l’Olympe, celui qui essaierait de s’attaquer à la montagne du WRC serait frappé par la colère divine. Ainsi Solberg commis l’erreur, une fois de plus, la fois de trop. Le norvégien se devait absolument d’aller chercher la victoire. Il le devait pour envoyer un message au français, remettre Ford sur le sentier de la gloire, pour donner de la crédibilité à ses velléités de titre. Avant de s’élancer dans la spéciale, peut-être aurait-il dû consulter les auspices, celles-ci lui auraient sans doute déconseillé d’attaquer trop fort. Mais le Viking n’est pas familier de religion grecque.

    Son sevrage de victoire entamé en 2005 se poursuit donc. Il est si proche d’y mettre fin, mais la dernière marche semble inatteignable. Solberg a tenté, il a échoué. Le fier Viking est mort les armes à la main, vaincu par plus fort que lui. Où est-donc passé le terrible finisseur, spécialiste des rushes de fin de rallyes ? Il semble bien loin le temps ou le norvégien était capable de s’imposer en duel face au français. Toutes ses années à se débattre soit au volant d’une Impreza rétive ou à la tête de sa structure l’auraient-elles émoussé ?

    Nous voilà à mi-chemin d’un championnat d’ores et déjà plié. Un championnat que Ford et ses pilotes auront littéralement offert à Loeb et Citroën. L’ovale bleu est en train de vivre une véritable Annus Horribilis et il le doit entièrement à ses pilotes. La fin de saison risque de s’apparenter à un chemin de croix pour les troupes de Malcolm Wilson. Les espoirs du constructeur américains sont dispersés, perdus dans les cordes piégeuses du Portugal, de l’Argentine, de la Grèce, éparpillés façon puzzle. Loeb et Citroën n’avaient pas besoin de telles offrandes. La machine rouge est implacable, pour l’enrailler il fallait une saison parfaite. Ford semble bel et bien incapable d’en produire une. Empêtré dans une situation budgétaire compliquée, l’on voit mal Ford redresser la barre dans le futur. Et de futur, y en aura-t-il un ? L’arrivée demain de VW avec les moyens de ses ambitions, et après-demain de probablement Toyota, autant de menaces planant sur Ford, de funestes augures… Malcolm sur le chemin du retour devrait certainement faire un crochet pour consulter l’Oracle de Delphes. Trouvera-t-il dans les réponses sibyllines un début de sortie du tunnel ?

     Paul Huertas.

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  • LES TERRES DU GENERAL BONAPARTE SACRENT UN LIEUTENANT.

     


    S’il est des victoires qui font plaisir, celle du Lieutenant Dani en fait partie. L’Ibère goûte enfin aux joies de la victoire.

    La trajectoire de Dani fut dès le début celle d’un surdoué, dont le talent était clair, et le futur tout tracé. Champion de monde junior en 2005, il monta à l’échelon supérieur en 2006 au volant de la Xsara WRC. Il confirma tout le talent et les espoirs placés en lui. Si le roi Carlos devait avoir un successeur, ce serait Dani, c’était écrit. Citroën revint officiellement en 2007 et plaça Dani dans le baquet numéro 2. L’histoire semblait parfaite, l’Ibère représentait un grand espoir et un marché très important pour la marque aux chevrons.

    C’est paradoxalement au moment où son talent aurait dû éclater au grand jour que celui-ci fut bridé. Un jeune pilote prometteur, doit être fortifié par des victoires, pour poursuivre son développement. Mais celles-ci ne vinrent jamais. Monsieur Fréquelin, hiérarque et père spirituel de la politique (anti) sportive de Citroën dirigeait ses troupes avec une froideur clinique, pour une efficacité comptable maximum. Le leitmotiv était de (sur) protéger Sébastien Loeb, seul autorisé à gagner. Dani était là pour faire ses gammes et passer les plats. L’opportunité de se battre, de tenter de déboulonner l’empereur Loeb ne lui sera jamais accordée. Il y a là un cynisme cruel, niant toute dimension affective et sportive. Sordo se muas ainsi en lieutenant.

    Dani Sordo fut littéralement gâché, ruiné mentalement. Comment un pilote peut-il se réaliser s’il lui est interdit de se battre jusqu’au bout ? Rien ne dit qu’il aurait pu s’imposer face à l’ogre alsacien. Mais lui refuser de tenter sa chance jusqu’au bout l’a totalement bousillé. S’il a pu à plusieurs reprises semblé un peu court, fébrile, je suis persuadé que c’est à cause du contexte au sein de l’équipe. Lorsque son rêve est de prouver sa valeur, et que cela nous est interdit, le doute s’instille en nous. Au moment même où les espoirs de l’espagnol aurait dû être conforté, ils furent étouffés. Cette œuvre de destruction doit être mise sur le compte de la direction sportive de Citroën et de son gourou, Monsieur Fréquelin.

    La trajectoire de Sordo s’infléchit pour prendre une trajectoire descendante quant au même moment Ogier (du même âge), au volant de la même voiture, mais libéré de toute pression remportait son premier succès. Rincé, essoré mentalement, gâché, Sordo fut remercier pour ses loyaux services et remplacé par Ogier. Ce dernier devait incarner la relève chez les rouges, on sait maintenant ce qu’il en advint.

    Repêché par Prodrive sur le projet Mini, Sordo se vit enfin placé dans une position plus saine. Sa saison 2011 fut vraiment prometteuse. Au volant d’une Mini pourtant pas avantagée par un moteur quelque peu anémique, l’espagnol brilla. Libéré de l’ombre de Loeb, et de la politique écrasante du grizzli, Sordo est transfiguré. L’Ibère est redevenu fier, rapide, solide. Un pilote est né. Mais voilà, BMW a décidé « d’Harakirer » Mini. Le constructeur allemand a coupé le robinet. Prodrive s’est retrouvé avec un budget famélique. Au passage nous pouvons également questionner la capacité de l’équipe anglaise à trouver des budgets, des sponsors. Revoilà Sordo gâché avec un programme réduit à peau de chagrin.

    Son escapade sur l’île de beauté fut sans doute pour lui une bouffée d’oxygène. La victoire de la Mini S2000 confirme la pertinence de l’équivalence entre le 2 litre atmosphérique et le 1.6 litre turbo version S2000. Elle peut également ouvrir de nouvelles perspectives. L’IRC est un championnat attrayant, avec un niveau sportif homogène, mais qui a cruellement besoin de l’engagement d’un autre constructeur pouvant concurrencer Skoda. Peugeot et consorts refusant de s’impliquer totalement, il y’a là un boulevard pour Mini. Sordo a prouvé ce weekend la vélocité de la mini S2000. Le budget à réunir pour un championnat complet est également abordable pour une structure privée. Drive Pro si elle veut acquérir ses lettres de noblesse devrait y réfléchir.

    La victoire de ce weekend sacre un pilote qui a dû attendre trop longtemps au vu de son talent. Elle consacre la mue d’un pilote qui a réussi à se reconstruire. En espérant qu’une sœur WRC vienne bientôt s’ ajouter.

     Paul Huertas.

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  • FORD A LA PEINE… C’EST GRAVE DOCTEUR ?

    Le pauvre Malcolm ne doit plus savoir à quel saint se vouer. Ses nuits doivent être envahies de cauchemars rouges, car Ford fait bien face à un péril rouge.

    Wilson n’a sauvé, (une fois de plus), la participation de Ford en WRC que sur le fil du rasoir. Il a dut se serrer la ceinture. Les coupes budgétaires, et les doutes cycliques quant à l’engagement du constructeur, lui ont également interdit de signer Ogier, le seul pilote pouvant réellement menacer Loeb au championnat.

    Le boss de M-Sport a donc dû avaler son chapeau et reprendre Solberg dont le départ courant 2000 pour Subaru fut vécu comme une véritable trahison, un couteau en plein dos. Le norvégien et Latvala devaient représentaient les atouts de l’ovale bleu, Latvala dans le rôle du pilote de pointe devant chasser Loeb. Solberg quant à lui, devait servir de mascotte médiatique et de pilote numéro deux. Mais voilà, Latvala, après une fin de saison 2011 solide qui lui valut son statut de pilote numéro 1, est retombé dans ses travers d’adolescent confondant vitesse et précipitation. Au Monte-Carlo, il est sorti dans la 4è spéciale, en léchant d’un peu trop près une corde enneigée alors qu’il disposait déjà de 30 secondes d’avance. Ça doit être ça la définition de la bêtise en rallye ! Rebelote au Mexique ! Au 3è jour d’un rallye où il n’avait plus rien à espérer, sur le podium, à 1’16 d’Hirvonen (2è) et avec 17’’ d’avance sur son numéro 2, le finlandais (plus sortant que volant !) est reparti en tonneau. La manche lusitanienne a vu quant à elle le plus beau hara-kiri de la saison pour Ford ! Latvala qui décidément aime un peu trop les cordes, s’y ai encore pris les suspensions, alors que le doubler semblait promis à Ford.

    Comment expliquer ces sorties ? Mon explication serait tout simplement un manque de Quotient Intellectuel Rallye (QIR). Ce QIR, c’est ce qu’on appelle plus communément « la science de la course ». C’est ce qui vous permet de comprendre que parfois, par prudence il vaut mieux sacrifier une corde et quelques dixièmes. C’est savoir à quel moment placer une attaque. Une paire de scratch au bon moment vaut bien mieux que des scratchs enfilés comme des perles avant de sortir. C’est ce QIR qui fait les grands champions, Mäkinen et Loeb en sont les plus beaux exemples. McRae, Latvala eux sont plutôt à ranger dans la catégorie des « sous-développés du QIR », avec une distinction particulière pour le finlandais. Le voici dans une position bien délicate, et Malcolm avec. Que faire de son statut de numéro 1, qui n’a déjà plus la moindre chance de sacre ? Wilson vat-il devoir instaurer Solberg numéro 1 ? Ça risque de lui être dur à avaler. Et Solberg, offre-t-il les garanties pour pouvoir bousculer Loeb ?

    Le norvégien sort de trois saisons en privé quasi parfaites compte tenu du contexte qui était le sien. Il est le seul pilote en activité, champion du monde et ayant battu Loeb à la régulière. Il est persuadé de pouvoir le refaire, et bout de le démontrer. Mais force est de constater qu’il fait à peine mieux que Latvala. Solberg a failli au Portugal et en Argentine, à chaque fois en position de « leader » (Latvala hors-jeu). Après sa sortie au Portugal il a avoué être peut-être en train de trop attaquer. Bel aveu, mais aussi une preuve de manque d’intelligence dans sa gestion. Bis repetita en Argentine. Alors qu’il avait après seulement 3 spéciales, déjà 20 secondes d’avance il nous fait une Latvala. Mais au vu de la vidéo, l’impact ne semblait pas vraiment violent. Il en a fallu peu pour que la direction de sa monture se casse. La robustesse de la Ford pourrait peut-être remise en cause. Petter a pu sauver les meubles car à chaque fois il a pu repartir et accrocher aux forceps, et grâce à la maigreur du plateau, des points précieux.

     


    La situation de Ford semble donc bel et bien ressembler à une quadrature du cercle. Comment au vu du début de saison, l’ovale bleu pourrait-il raccrocher aux chevrons ? Car il faut bien se rendre à l’évidence, après 5 rallyes, la saison de Ford est mal engagée. Le retard accumulé semble déjà irrémédiable. Citroën n’est pas habituée à gâcher les points. Sa politique (anti) sportive est là pour le garantir, via l’application des consignes le plus tôt possible.

    Les deux pilotes Ford sont en difficulté, difficulté comptable mais également psychologique. Ils savent que le retard accumulé est difficilement récupérable et qu’il leur incombe entièrement. Néanmoins Solberg garde Loeb à portée de tir. Les 3 prochains rallyes seront décisifs. Ford et Solberg, s’ils veulent continuer à rêver du titre, doivent inverser les courbes (c’est de mode) avant l’Allemagne.

    Donc oui la situation est grave monsieur Wilson, mais pas désespérée.

     Paul Huertas.

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  • LA F1 A BAHREIN, LA HONTE A VISAGE DECOUVERT.

    Ainsi donc la F1 a raté l’occasion d’être digne et morale. Le grand prix de Bahreïn aura bien lieu. Le grand cirque de la F1 est rassuré, la sécurité des équipes sera assurée et tonton Bernie sauve quelques millions.

    Le sport et les intérêts économiques doivent-ils prédominer face à la morale ? Car à quel prix la sécurité des acteurs sera-t-elle assurée ?

    Depuis 1973, à la faveur d’une réforme constitutionnelle, c’est le clan Al Khalifa qui dirige héréditairement ce confetti de 665 km2, d’1.2 millions d’habitants, ayant des réserves pétrolières produisant autour de 120 millions de barils par ans.

    La révolte démocratique bouscule cette micro monarchie pétrolière depuis plus d’un an et pourtant elle demeure la révolution oubliée. Tous les autres pays arabes qui se sont soulevés ont bénéficiés à la fois d’un relai médiatique important et d’une bienveillance occidentale toute paternaliste. Ce n’est pas le cas de Bahreïn.

    Cette révolte est protéiforme. Ce n’est pas seulement un soulèvement de la majorité chiite (75% de la population), à visée politique et religieuse contre la famille régnante sunnite, mais également une révolte sociale et politique transcendant les religions. Il y’a d’un côté les chiites qui revendiquent une meilleure égalité politique, sociale et économique. Ensuite d’autres parties de la population sont venues se greffer à la révolte pour réclamer de façon générale plus d’équités et de libertés.

    Les premières manifestations, il y’a un an, ont été violemment réprimées, beaucoup de personnes périrent sous les coups et tirs des forces de l’ordre locales épaulées par des saoudiens notamment. Si depuis un an, la répression se fait dans l’ombre sans admonestation de la communauté internationale, c’est que celle-ci redoute un changement favorable au chiites derrière lesquels pourrait être l’Iran. Mais cette peur d’Iranisation d’un Bahreïn chiites semble infondée pour Marc Valéri, maître de conférences à l’université Exeter en Grande-Bretagne et spécialiste des transformations politiques à Bahreïn. (http://www.rfi.fr/moyen-orient/20120214-an-apres-bahrein-sous-tension-revolution-oubliee-continue)

    C’est cette situation qui, il y’a un an avait poussé à l’annulation du grand prix de Bahreïn. La situation actuelle est-elle donc meilleure pour en permettre la tenue en bonne et due forme ? A en croire Nabeel Rajab, président du Centre bahreïnien des droits de l'homme, pas vraiment : « Le Premier ministre est toujours là, c'est le même depuis 40 ans et il ne changera pas, le roi continue de faire des promesses qu'il ne tient pas... Donc la situation, c'est un énorme fossé qui se creuse entre cette dynastie dirigeante d'un côté, et le peuple de l'autre, alors que des gens continuent de mourir. Le mois de janvier est celui où il y a eu le plus grand nombre de morts depuis le début de la révolution, cela montre bien que la crise s'accentue et qu'on n'entrevoit pas de solution ». (http://www.rfi.fr/moyen-orient/20120214-an-apres-bahrein-sous-tension-revolution-oubliee-continue). De fait, on assiste à une radicalisation des parties en présence, accentuant le fossé et rendant d’autant plus compliqué une issue.

    C’est dans ce contexte que la FIA a réaffirmé au grand soulagement des autorités bahreïniennes la tenue du grand prix « En se basant sur les informations dont elle dispose actuellement, la FIA est convaincue que toutes les mesures de sécurité nécessaires sont en place pour que se déroule à Bahreïn une manche du Championnat du monde de Formule 1 ». Le plus immoral dans cette décision, c’est que le seul angle de réflexion de la FIA fut la sécurité des équipes ! Il ne semble qu’à aucun moment la situation politique fut prise en compte, ni même la portée, l’interprétation que pourrait avoir ce geste. Mais pour Bernie « tout le monde est content et toutes les écuries seront là. Le problème, c'est que tout est discuté par des médias qui n'ont aucune idée de ce qui se passe". Donc Bernie, lui est le Monsieur Jesaistout de la politique internationale, et les médias ne sont que des idiots ! Ecclestone persiste et signe en se dédouanant honteusement : « les manifestants vont sûrement continuer à demander des réformes, mais qu'est-ce que cela à voir avec la F1? ». Qu’ils le veuillent ou pas, en se rendant à Bahreïn, la FIA, Ecclestone, les écuries, confortent le pouvoir en place, prennent parti dans le conflit.

    Il y a là un terrible décalage entre le monde sportif et la réalité politico-sociale du terrain. Pendant ce temps-là, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon se disait « préoccupé par l'usage excessif de la force contre des manifestants ».

    Car oui, les manifestants, en quête de médiatisation pour une révolution oubliée, vont probablement profité de l’écho médiatique du cirque de la F1 pour se faire voir et entendre. Alors la sécurité, le bon déroulement du grand prix se fera à l’ombre d’une répression implacable et violente. Combien de blessés, morts seront à comptabiliser et mettre en partie sur la conscience des acteurs de la F1 en cas de manifestations ?

    Quant aux écuries, embourbées dans leur communication contrôlée à l’extrême, elles se réfugient lâchement, fallacieusement derrière la décision de la FIA. Eric Boullier, que l’on croirait vivre sur une autre planète déclare « La présence du F1 Circus à Bahreïn va forcément changer un peu la donne, elle peut générer certains troubles. Mais je pense que la situation est sous contrôle ». S’il vous plaît, un volontaire pour lui ouvrir les yeux, à lui et aux autres sur ce qu’est une situation sous contrôle dans ce genre de régime !!! Pour une tenue « normale » du grand prix, les autorités vont se retrousser les manches, pour présenter au monde le visage d’un pays « normalisé ». La F1 sera la caution de ces actes !

    Espérons seulement que les manifestants auront la décence d’être réprimés, torturés, tués en silence pour ne part trop déranger la conscience d’un monde vivant en vase clos.

    Quant à nous, nous pouvons toujours éteindre la télé et profiter du dimanche…

    Paul Huertas.

    https://www.facebook.com/AsphalteBlog

     



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