• CITROEN, UNE EQUIPE SERVICE MINIMUM EN 2013

    Au soir du Monte-Carlo, s’il en est un qui malgré la victoire doit se gratter la tête, c’est bien Yves Matton. Une fois de plus, il n’a pu que constater la Loeb dépendance de son équipe. Même si le Monte-Carlo était une épreuve atypique, extrêmement difficile cette année, c’est encore une fois un Loeb impérial qui a sauvé les chevrons. Sans sa maestria, la DS3 et sa déco à vous filer la nausée aurait été éclipsée par une Polo visiblement pas encore totalement au point mais emmenée avec panache. A n’en point douter, Ogier est mort de faim !

    Au Mexique, Matton se retrouvera orphelin de son champion et devra partir à l’assaut du championnat avec une armée constituée de lieutenants mais sans général. Citroën a misé sur une paire de numéros 2 pour viser le graal. Si le titre constructeur lui semble accessible, on a peine à voir le placide et fade Hirvonen se transformer en terreur du plateau pour imposer sa loi, et s’imposer comme un lion alors qu’il n’a jamais été qu’un doux chat tout au long de sa carrière. Le tandem Hirvonen-Sordo paraît taillé pour un titre constructeur mais aucun des deux ne semble avoir la flamme des champions. Deux numéros 2 n’accoucheront pas d’un numéro 1. Pourtant la logique mattonienne veut que, Hirvonen ayant tout le temps terminé 2è derrière Loeb, une fois ce dernier rangé des voitures, le finlandais aurait la voie libre… Rien n’est moins sûr. Car on ne transforme pas un écuyer en chevalier du jour au lendemain. Le cap psychologique à franchir semble énorme, et il n’est pas sûr que Mikko y parvienne.Citroën, une équipe service minimum

    Attention je ne le condamne pas (encore) mais si titre il doit y avoir, on peut d’ores et déjà prévoir une conquête dépourvue de panache, menée sur le dos d’une fiabilité sans faille. L’on pourrait même anticiper un championnat voyant l’opposition entre la vélocité d’un Ogier et la régularité d’Hirvonen. Un remake du lièvre et de la tortue chère à La Fontaine en quelque sorte… Au passage, si Hirvonen ne gagne pas le titre, ça confirmera ma thèse que Loeb enfilait les titres sans réelle opposition digne de ce nom. Le pauvre Hirvonen se voit porter sur ses épaules le lourd fardeau de « prouver » a posteriori que Loeb avait face à lui un vrai péril…

    Cette équipe Citroën me laisse un arrière-goût bizarre. Quelque chose cloche. On a l’impression de voir une équipe présente pour faire la transition entre le WRC et le WTCC. Le duo des chevrons est taillé pour un titre constructeur, mais aucun ne peut générer d’engouement médiatique. Si Matton a tellement insisté pour que Loeb fasse un mini-programme c’est aussi et surtout pour ça. Sordo n’a un contrat que d’un an. Neuville n’a pas été retenu alors qu’il devait représenter le futur de la marque en WRC. Si rien n’est officiel, il semble déjà tout tracé que Citroën ne s’éternisera pas en rallye. Une équipe « service minimum » en quelque sorte.

    Paul huertas

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  • UN TAUREAU ZELE

    Un taureau zélé

    Décidément RedBull est sur tous les fronts. Il sponsorise peu ou prou tout ce qui est du domaine du divertissement sportif et extrême. Désormais, le taureau rouge se fait pieuvre et ne cesse d’étendre ses tentacules.

    Voici quelques mois il volait au secours d’un WRC en perdition via sa filiale RedBull House Media. Le monde du rallye a accueilli à bras ouvert la venue d’un cador de la communication branchée et énergique. Sûr qu’on allait voir ce qu’on allait voir. Mais, force est de constater que depuis cette annonce rien de concret n’a été dévoilé ; et le Monte-Carlo commence demain. Enfin, la promotion du WRC 2013 ne pourra pas être pire qu’en 2012. Mais le chantier est colossal, l’enjeu énorme. De nouveaux constructeurs s’impliquent, VW, Hyundai, mais leurs engagements ne seront pérennisés que s’il y’a retour sur investissement. C’est la mission de RedBull House Media que de (re)donner au WRC une visibilité, une aura médiatique. Car aucun constructeurs, en période de crise ne tolèrera d’engager des sommes importantes pour communiquer dans le désert. Le taureau rouge détient donc entre ses sabots le sort du WRC.

    Si l’annonce de la prise en main de la promotion du WRC par RedBull est objectivement une excellente nouvelle tant elle semble porteuse d’espoirs ; le fait que la société soit également sponsor ne va pas sans poser quelques questions. Comme il était envisageable, la société autrichienne, très liée au groupe VAG sponsorisera VW en WRC. C’est un prolongement logique de relations anciennes, RedBull sponsorisait déjà VW au Dakar. Il sponsorise Audi en DTM, et les rumeurs faisant état d’un forcing pour impliquer le groupe en F1 sont un vieux serpent de mer. Comment un esprit critique ne pourrait pas y voir un mélange d’intérêts pouvant porter à soupçons ? En tant que promoteur, RedBull Media House fournira tout le contenu médiatique lié au WRC. En même temps, la société sera partie prenante sportivement via son sponsoring de VW. Quelles garanties ont les autres constructeurs que les Polos stickées RedBull n’auront pas un traitement médiatique privilégié ? En justice ça s’appelle un conflit d’intérêt.

    Bien sûr il est peu probable que les Polos aient un temps d’image double de celui de Citroën et Ford, mais il n’empêche que cette double implication de RedBull pourrait faire grincer des dents à l’usage… Qu’en serait-il si une voiture venait à être sponsorisée par une boisson concurrente ?

    Un taureau zéléCette année Ostberg avait comme sponsor Coca-cola. La marque était discrètement présente sur les flancs de la voiture et sur sa combinaison. Il est de coutume que lorsque les voitures arrivent au point stop de la spéciale, le caméraman en profite pour faire un gros plan sur les sponsors de la carrosserie pour ensuite recueillir les impressions du pilote. Tout en gardant la même séquence, sans la dénaturer, la caméra pourrait éviter le sticker Coca-cola et faire un plan serré du pilote… Mais sans doute vais-je chercher la petite bête où elle n’est pas (encore) ?...

    Paul Huertas

    Un taureau zélé


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  • CITROEN SPORT, Y'A-T-IL UN CAPITAINE A BORD ?

     


    Depuis hier est devenu officiel ce que tout le monde pressentait. Loeb part en semi-retraite pour un programme initial de 4 rallyes en 2013, pour lui permettre de se reconvertir. Citroën Sport semble sauver son programme rallye (et sportif ?) grâce à Abu Dhabi*. Le monde du rallye pleure déjà son plus illustre champion tout en poussant un ouf de soulagement à voir Citroën poursuivre. Mais néanmoins nombre d’interrogations peuvent être soulevées. Citroën Sport poursuit son programme rallye, mais ne le pérennise pas pour autant.

    Loeb en toute honnêteté a avoué être arrivé au bout de son parcours. Il est rongé par une certaine lassitude (http://asphalte.eklablog.com/wrc-voyage-au-bout-de-l-ennui-a49334552), et a besoin d’autre chose. De plus le rallye est dévoreur de temps. Un rallye, égal une semaine, plus les opérations markéting, voilà qui fait un emploi du temps surchargé. Cette envie de lever le pied et de voir d’autres horizons était redondante depuis quelques saisons ; vœu exaucé.

    Sa semi-retraite lance le marché des pilotes. Hirvonen est propulsé premier pilote des chevrons désormais orphelins. Et là on éclate de rire. Comment un gentil, sur-dominé par Loeb lorsqu’il était le fer de lance de Ford, puis fidèle lieutenant du français une fois passé chez les rouges pourrait-il se muer en terreur du championnat ? La logique Mattonienne explique qu’Hirvonen ayant toujours fini second derrière Loeb, une fois ce dernier rangé des bagnoles, la place de caïd reviendra logiquement au finlandais. C’est à voir… Il faut également trouver un numéro 2 à l’éternel numéro 2. Matton ne souhaite visiblement pas bousculer et griller la pépite Neuville en le propulsant à côté d’Hirvonen. La rumeur persistante fait état du retour de Sordo qui a récemment visité les installations de Satory. Et voilà une équipe Citroën qui serait constituée de deux numéros 2.

    Mais la question qui me turlupine concerne la stratégie de Citroën Sport à moyen terme. Et surtout qui la décide ? Une phrase de Loeb soulève légitimement cette interrogation : « On s'est dit (Loeb et Citroën) que faire un nouveau programme ensemble pourrait être sympa. J'ai émis le souhait de faire du WTCC, qui est un autre championnat du monde, qui est une façon de recommencer une carrière pour moi, de me relancer dans un nouveau challenge avec Citroën. » (http://www.eurosport.fr/wrc/saison-2013/2013/loeb-2013-en-pointilles_sto3438642/story.shtml) Dans ma naïveté, je croyais que l’engagement sportif d’une marque était décidé par l’état-major en fonction de divers critères tels que l’équation coûts engagés-retombées médiatiques, image de la discipline et image recherchée par un constructeur, etc. Et là, nous apprenons que c’est le désir d’une vedette qui entraîne un groupe entier dans une direction. Au vu des difficultés actuelles de PSA on aurait pu croire que les décisions étaient un peu plus réfléchies… Heureusement que Loeb n’a pas voulu faire du Super GT japonais ou du V8 australien ! Même si le WTCC pourrait avoir une logique (moteur identique), le choix me semble curieux. Loeb envisage le WTCC avec Citroën dès 2014. Au vu du contexte économique on imagine mal un double programme WRC-WTCC. Donc il y’a nécessité de choisir. Si le WTCC est confirmé, il en est fini du rallye au moment même où la discipline semble repartir avec la multiplication des constructeurs (VW, Ford, Hyundai et Toyota peut-être…) et une médiatisation prometteuse via RedBull. En même temps le WTCC est une discipline moribonde, voitures anémiques, désertification du plateau avec le retrait de Chevrolet et malgré l’arrivée d’Honda. Franchement le WTCC ça excite qui ? Pas l’ombre d’une demi-molle en vue. Comment justifier des sommes dépensées pour un championnat anonyme ? Au vu de cette déclaration, et on peut se demander qui dirige vraiment le navire ? Loeb au gré de ses désirs ou un état-major un peu plus au fait des enjeux médiatico-économico-sportifs ? Citroën et PSA seraient-ils devenus otages de leur pilote emblématique ? 

    Que Loeb veuille voir ailleurs est légitime. Mais malgré ce qu’il représente pour la marque, celle-ci doit-elle le suivre en faisant fi de quelconque stratégie raisonnée ? Le WTCC semble représenter une impasse médiatico-sportive. Citroën a régné ces dernières années en WRC face notamment à une concurrence déficiente. S’engager en WTCC, championnat à l’état végétatif me semble un non-sens. Même s’il est à parier que la venue du couple Citroën-Loeb donnerait un coup de boost médiatique, celui-ci se concentrerait surtout sur la France. La France ne peut plus représenter la principale cible de communication du constructeur français.

    Paul Huertas

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    *Le contrat cours sur 3 ans (http://twitter.com/Traxx_WiF/statuses/251650259699245056). Rien ne dit qu’il concerne seulement le WRC et n’est donc pas la preuve de l’engagement du constructeur pour 3 ans. Abu Dhabi est partenaire de Citroën, pas de Citroën en rallye. Il est donc logique que les chevrons débarqueront en WTCC aux couleurs de l’émirat.

    PS : Loeb parle de son programme 2013. (http://www.youtube.com/watch?v=El826SaPnJk) Il est à noter qu’il parle du WTCC en disant « si réellement on arrive à lancer le projet… ».


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  • WRC : VOYAGE AU BOUT DE L’ENNUI

    WRC : Voyage au bout de l'ennuiSi Céline a écrit « voyage au bout de la nuit », Loeb est en train de nous écrire son roman, « voyage au bout de l’ennui ». Si son œuvre est écrite de pied de maître, alliant supériorité technique, intelligence de course, elle n’en est pas moins redondante depuis de nombreuses années.

    Le génie, pour être reconnu se doit d’être confronté. Il en va de même pour le sport. Ce qui fait la grandeur d’un champion c’est avant tout l’adversaire lui rendant les coups. Parlerait-on d’aviron s’il n’y avait pas les duels Cambridge-Oxford ? Prost serait-il Prost s’il n’y avait pas eu Senna ? Et vice versa. Mohammed Ali serait-il le plus grand s’il n’avait pas eu Joë Frazier en face ? Le problème avec Loeb c’est qu’il lui manque son Joë Frazier. Loeb boxe tout seul, empile des titres et records devenus anonymes. Il doit falloir tout le talent d’un journaliste bien gavé de petits fours par l’hospitalité Citroën pour continuer à écrire l’hagiographie de l’alsacien sans souligner le rachitisme de l’opposition, une opposition poids plume.

    Loeb est incontestablement le meilleur pilote de rallye actuel. Mais au-delà des records, que reste-t-il d’émotion ? Où est le péril dans la bataille qui rend le triomphe plus grand ? Si Loeb se pose la question de sa retraite, c’est aussi que lui le premier doit être lassé du manque d’opposition. Le nombre de titres lui importe peu. Ils ont tous désormais la même fadeur, rangés anonymement sur une étagère sur laquelle il pose un regard mélancolique. « Tous mes titres contre un péril ! » doit-il rêver dès le soir de la première étape d’un rallye. Ce long désert qui le et nous traverse c’est bien l’ennui… Si l’ennui était mortel, le WRC serait un cimetière.

    Le philosophe Martin Heidegger définissait l’ennui comme la confrontation au vide. C’est bien du côté de ce vide qu’il nous faut trouver la réponse, du côté de ceux qui sont censés incarner la concurrence, l’opposition mettant en péril le champion. Le problème c’est que les adversaires se sont liquéfiés. Pour Ford, 2012 est une fois de plus « voyage au bout de la désespérance » quand ça ne tourne pas en « voyage au bout du ridicule ». Quant à Mini, c’est plutôt « voyage au bout du dénuement ».

    La pire des désillusions est encore à venir pour nous. Si en 2013, Loeb prend du recul via un programme à mi-temps comme cela semble se dessiner, nous serons face à une amère déconvenue. Voir Loeb se « retirer » lorsque l’opposition semble prendre plus de corps grâce à VW sera un crève-cœur. 

    Paul Huertas

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     Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !

    Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,

    Il ferait volontiers de la terre un débris,

    Et dans un bâillement avalerait le monde;

     C'est l'Ennui !

                                                                                             Charles Baudelaire, Les fleurs du mal.

     


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  • QUAND Y'A DOLLAR, Y'A QATAR : LE QATAR RACHETERAIT CITROEN SPORT

     

    Quand y’a dollar, y’a Qatar : le Qatar rachèterait Citroën Sport.


    L’annonce s’apparente à un tremblement de terre dans le monde du sport auto. D’après AutoHebdo à paraître demain (01/08/2012) le Qatar rachèterait Citroën Sport.

    Décidément rien ne semble échapper au sulfureux Qatar et à sa politique effrénée d’acquisition. Il est vrai que lorsque l’on dispose du plus grand fonds souverain de la planète on peut se laisser aller à la gloutonnerie tous azimuts. Le fonds Qatar Investment Authority (QIA) pèse quelques 700 milliards de dollars. La France semble être de plus une cible privilégiée pour ce micro Etat de 11 437 km2. Cela se fait selon 3 axes : immobilier, actionnariat d’entreprises et enfin sport.

    Doha rachète à tour de bras sur le sol hexagonal, bien aidé par une loi fiscale sur-mesure. Depuis 2008 les investissements immobiliers ne sont pas imposables sur les plus-values et les résidents qataris en France ne payent actuellement* pas l'ISF pendant leurs cinq premières années de présence. On ne compte ainsi plus le nombre de palais, hôtels particuliers etc rachetés par l’émir du Qatar ou son entourage.

    QIA est également actionnaire de nombre d’entreprises stratégiques françaises : Lagardère (défense et presse), Veolia environnement (services collectifs), Suez (énergie, services collectifs), Vinci (BTP).

    Enfin le sport tient une place de vitrine médiatique dans les investissements qataris. Le confetti, fort de ses pétro-gazo-dollars (3è producteur mondial de gaz) s’est ainsi offert l’organisation de la Coupe du Monde 2022 en dépit de toute logique et de soupçons persistants de corruptions. Les clubs de foot sont également rachetés. Le PSG ces derniers mois pour ne citer qu’un exemple français.

    Dernière étape en date, le probable rachat de Citroën Sport. Aucun montant n’est pour l’instant donné, ni aucun détail concret du fonctionnement futur. L’on peut néanmoins s’interroger sur les conséquences.

    La première et la plus heureuse est vraisemblablement le maintien des emplois liés à l’activité sportive. Voilà bien des familles qui voient les lourds nuages gris pesant sur leur futur se dissiper (du moins espérons-le). La deuxième bonne nouvelle est sportive, avec le maintien de l’activité compétition des chevrons. Je ne vais pas ici m’égarer en conjectures sportives que vous lirez à loisirs partout ailleurs…

    Je préfère ici poser la question de la cohérence future de 2 entités différentes, mais portant le même nom, et ne répondant pas aux mêmes interlocuteurs. D’un côté nous aurons PSA et de l’autre Citroën Sport dont on peut même imaginer un changement de nom… un truc du genre Qatar Citroën Sport. Si le Qatar est propriétaire de Citroën Sport, aura-t-il toute latitude pour l’engagement sportif ? Ce serait logique, en application de la règle « je suis proprio, je paye, je fais ce que je veux ». Les programmes seront-ils définis par PSA en fonction d’un plan de communication global et cohérent comme actuellement ? Ou au gré des envies et humeurs de Nasser Al-Attyah dont la logique voudrait qu’il soit une cheville ouvrière de la future entité, et donc indépendamment de PSA ? Cette dichotomie n’entraînera-t-elle pas des situations ubuesques ? Exemple, notre bon Nasser se lève un matin en voulant refaire le Dakar, et hop un programme Dakar. Un autre matin, une envie de gymkhana, bein oui, c’est plus simple que le rallye (pas vrai Ken ?!), et hop un programme ! Le tout en dépit de la stratégie de communication de PSA. En vendant l'entité sportive, le constructeur "se vend" au risque de voir s’échapper toute son image sportive et au-delà, sa communication et son image tout court ! PSA sera-t-il tenu, responsable des agissements de la branche sport vendu ? Je veux dire par là, l’image de PSA et Citroën devra-t-elle être associée aux activités sport, gérées indépendamment ? Cette dichotomie ne sera-t-elle pas à la longue néfaste au groupe ? Ne risque-t-elle pas de brouiller le message markéting ?

    Il y’a là bien des risques dont PSA doit se préserver. Comment faire pour que cette nouvelle entité théoriquement indépendante soit sous la direction stratégique de PSA alors que le groupe ne devrait théoriquement ne plus y engager un euro ?

    Paul Huertas

     

    *si quelqu’un en sait plus sur cette loi au vu des dernières dispositions fiscales je suis preneur ! A ma connaissance cette loi d’exception n’a pas été modifiée…

     

    PS : cet article a été rédigé en partie avec comme source le site d’info http://www.slate.fr/ qui a écrit nombre d’excellents articles sur le Qatar (http://www.slate.fr/story/39077/qatar-france entre autres...)


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  • NOUVELLE-ZELANDE, TETE A L’ENVERS MAIS ORDRE RESPECTE, CQFD.


    Le fait de rouler aux antipodes, la tête à l’envers n’a pas chamboulé les habitudes du championnat. Un championnat ou le suspense est aux abonnés absents. Une fois de plus le déroulement de la course fut le même, le podium connu dès le soir du premier jour.

    Comme à l’accoutumé, les pilotes Ford ont anéanti leurs chances dès le premier jour. Pour la deuxième fois en 2 rallyes consécutifs, Solberg a fait un choix pneumatique à la gomme ! Il est parti en pneus durs sur une surface souple arrosée par les pluies. Le Viking se condamnait une énième fois cette saison, dès le début, à une course-poursuite. Quelle idiotie, car s’en est une, quel pari a-t-il voulu tenté ? Comment lui et l’équipe ont-ils pu se planter encore une fois. Ils ont été les seuls parmi les tops à faire l’erreur.

    Latvala fut fidèle à lui-même, une fois de plus. Parti sur un bon rythme, il s’emmêla les roues dans une corde dès la première étape, bis repetitae, et empêtré dans du barbelé en prime ! Bref, Solberg et Latvala accusaient respectivement 1’39 et 4’56 de retard dès le premier soir.

    Et comme d’habitude, Citroën avaient déjà fait le trou, Loeb devant Hirvonen pour 4’’, Novikov 3è à déjà 1’31. Course fini, tirez le rideau. Sauf que voilà, une fois n’est pas coutume, chez Citroën on s’est rappelé qu’on est en rallye pour aussi faire du sport. Yves Matton a annoncé qu’il laisserait ses pilotes se battre pour la victoire lors de la 2è journée. Ils avaient vraiment la tête à l’envers !

    Mais voilà, mon esprit retord n’y croyait pas, doutait. Les pilotes Citroën étaient les seuls qui jouaient encore quelque chose à l’aurore de la 2è journée. Solberg ne ferait qu’une bouchée de Novikov, pour ensuite rallier l’arrivée en 3è position, comme d’hab’ quoi ! Donc si les chevrons devaient vraiment se battre, logiquement ils auraient dû accaparer les scratches et creuser l’écart sur le 3è. Bein pas vraiment en fait ! Au cours des 7 spéciales de samedi, Loeb, Lavala et Solberg ont chacun signé 2 meilleurs temps, un seul petit pour Hirvonen (le dernier du jour). La veille, Loeb en avait signé 5 contre 2 pour son homme lige. Au soir de cette 2è journée, Loeb devançait Monsieur Numéro Deux de 6’’4, Solberg 3è avait même repris un peu de temps alors qu’il n’avait plus rien à espérer, et était à 1’33. Donc je pense que malgré les déclarations de Matton, les positions étaient figées depuis vendredi soir. CQFD. C’est le scénario immuable de la saison, une journée de course, le temps que Loeb prenne l’avantage sur son écuyer, et que Ford se soit fait hara-kiri. Le reste se résume à une procession vers l’arrivée.

    Encore une fois, le samedi et le dimanche étaient dédiés aux jeunes pousses, Novikov, Neuville et Tanak. Car depuis le début de saison, il n’y a que ces 3 chiffonniers pour animer les 2è et 3è étapes, au gré de certains chronos flatteurs (lorsque devant ça n’attaque plus vraiment), et quelques erreurs et passages par le rallye2. Des trois, le plus expérimenté est Novikov, son style est généreux, un peu trop même, laissant au passage de précieuses secondes dans ses travers trop prononcés. Mais c’est aussi le plus consistant. Il s’est acheté une conduite cette saison. Fini l’amalgame vitesse et précipitation, le voilà plus réfléchi. Il a perdu en panache, mais son compteur point le remercie. Tanak et Neuville sont un peu plus brouillons. Ils alternent bon chronos, et passages par la case rallye2. Mais ce weekend ils ont livré un rallye plus consistant. La lutte entre Tanak et Neuville valait le détour. Il semble bien que depuis quelques rallyes, le pilote Citroën prend l’ascendant sur l’espoir M-Sport. Neuville a commencé son dimanche de bon pied, par 2 scratches, mais Tanak semblait néanmoins difficilement prenable. Jeunesse doit se faire, dit-on, et en rallye ça passe par des tonneaux. Tanak est donc parti à la faute dans la 20è ES. C’est bien dommage, car sa course avait été excellente, et il ne lui restait que 2 ES à boucler, dont la Power Stage. Le protégé de Martin semble quelque peu perméable à la pression. Il n’en reste pas moins que leur duel fut beau. Il est a noté que les quelques secondes qui manquaient à Neuville pour vraiment être devant Tanak furent sans doute perdu le premier jour derrière ce flâneur de Nobre, quasi systématiquement rattrapé en spéciale !

    Nous voici arrivé à une particularité bien risible et triste du WRC ; sa 3è division composée de chauffeurs. Leur lenteur, l’absence totale de la moindre technique de pilotage interdit qu’on leur accorde le titre de pilote. Ce sont donc des conducteurs du dimanche, fortunés, souhaitant faire villégiature à travers les plus belles routes mondiales. J’ai nommé les Block (qui n’y est jamais !), Nobre, Villagra et consorts. Ce n’est pas la première fois que le sympathique mais incroyablement mauvais Nobre gène ses suivants en spéciales. Il faudrait vraiment le faire partir systématiquement dernier des WRC, avec 3-4 minutes d’avance sur les SWRC suivantes. Ce petit groupe de joyeux drille est là pour accomplir leur hobby, rien de plus. Un point à sauver pour l’américain, de par sa renommée, sa communication moderne et énergique il participe à une certaine médiatisation de la discipline. Il est le plus populaire sur les bords de routes. Il est également vrai que c’est là qu’il y passe le plus clair de son temps ! Sa vidéo de gymkhana fut la plus visionnée sur YouTube l’an dernier. Il prouve qu’il y’a un potentiel médiatique pour le rallye, mais qu’il est incroyablement mal exploité.

    Nous voilà donc à mi-parcours du championnat. Prochain rallye en Finlande, où Hirvonen, s’il s’en donne la peine, devrait être récompensé de sa loyauté sans faille par l’autorisation de gagner. A moins que Latvala et Solberg nous réservent une bonne surprise, un sursaut d’orgueil, de fierté et d’intelligence de course.

    Paul Huertas

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  • LOEB REGNE EN MAÎTRE SUR LE PANTHEON DU RALLYE

    Au pays des légendes divines, Loeb a revêtu sa parure d’Héraclès.

    Le premier des 12 travaux d’Héraclès fut de rapporter la peau du Lion de Némée. Le fils de Zeus s’acquitta de sa tâche en terrassa la féroce bête d’un coup de massue. Ensuite le demi-dieu se recouvrit de la peau de l’animal en guise de trophée.

    Cela fait bien longtemps que l’Héraclès du WRC a écrasé la concurrence. Des trophées acquis, des désillusions des concurrents, Loeb s’en ait fait une parure telle la peau du Lion. La massue avec laquelle il assomme la concurrence hébétée se situe dans son pied droit. Sur son dos, l’alsacien trimbale les scalps des meilleurs pilotes de rallyes.

    Ce weekend a vu la première vrai confrontation directe depuis le début de la saison. Enfin les pilotes Ford ont tenu la dragée haute sur plus d’une demi-journée. Solberg, a mené une belle course et menacé Seb jusqu’au petit matin dominical. Mais il était écrit qu’au pied de l’Olympe, celui qui essaierait de s’attaquer à la montagne du WRC serait frappé par la colère divine. Ainsi Solberg commis l’erreur, une fois de plus, la fois de trop. Le norvégien se devait absolument d’aller chercher la victoire. Il le devait pour envoyer un message au français, remettre Ford sur le sentier de la gloire, pour donner de la crédibilité à ses velléités de titre. Avant de s’élancer dans la spéciale, peut-être aurait-il dû consulter les auspices, celles-ci lui auraient sans doute déconseillé d’attaquer trop fort. Mais le Viking n’est pas familier de religion grecque.

    Son sevrage de victoire entamé en 2005 se poursuit donc. Il est si proche d’y mettre fin, mais la dernière marche semble inatteignable. Solberg a tenté, il a échoué. Le fier Viking est mort les armes à la main, vaincu par plus fort que lui. Où est-donc passé le terrible finisseur, spécialiste des rushes de fin de rallyes ? Il semble bien loin le temps ou le norvégien était capable de s’imposer en duel face au français. Toutes ses années à se débattre soit au volant d’une Impreza rétive ou à la tête de sa structure l’auraient-elles émoussé ?

    Nous voilà à mi-chemin d’un championnat d’ores et déjà plié. Un championnat que Ford et ses pilotes auront littéralement offert à Loeb et Citroën. L’ovale bleu est en train de vivre une véritable Annus Horribilis et il le doit entièrement à ses pilotes. La fin de saison risque de s’apparenter à un chemin de croix pour les troupes de Malcolm Wilson. Les espoirs du constructeur américains sont dispersés, perdus dans les cordes piégeuses du Portugal, de l’Argentine, de la Grèce, éparpillés façon puzzle. Loeb et Citroën n’avaient pas besoin de telles offrandes. La machine rouge est implacable, pour l’enrailler il fallait une saison parfaite. Ford semble bel et bien incapable d’en produire une. Empêtré dans une situation budgétaire compliquée, l’on voit mal Ford redresser la barre dans le futur. Et de futur, y en aura-t-il un ? L’arrivée demain de VW avec les moyens de ses ambitions, et après-demain de probablement Toyota, autant de menaces planant sur Ford, de funestes augures… Malcolm sur le chemin du retour devrait certainement faire un crochet pour consulter l’Oracle de Delphes. Trouvera-t-il dans les réponses sibyllines un début de sortie du tunnel ?

     Paul Huertas.

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  • LES TERRES DU GENERAL BONAPARTE SACRENT UN LIEUTENANT.

     


    S’il est des victoires qui font plaisir, celle du Lieutenant Dani en fait partie. L’Ibère goûte enfin aux joies de la victoire.

    La trajectoire de Dani fut dès le début celle d’un surdoué, dont le talent était clair, et le futur tout tracé. Champion de monde junior en 2005, il monta à l’échelon supérieur en 2006 au volant de la Xsara WRC. Il confirma tout le talent et les espoirs placés en lui. Si le roi Carlos devait avoir un successeur, ce serait Dani, c’était écrit. Citroën revint officiellement en 2007 et plaça Dani dans le baquet numéro 2. L’histoire semblait parfaite, l’Ibère représentait un grand espoir et un marché très important pour la marque aux chevrons.

    C’est paradoxalement au moment où son talent aurait dû éclater au grand jour que celui-ci fut bridé. Un jeune pilote prometteur, doit être fortifié par des victoires, pour poursuivre son développement. Mais celles-ci ne vinrent jamais. Monsieur Fréquelin, hiérarque et père spirituel de la politique (anti) sportive de Citroën dirigeait ses troupes avec une froideur clinique, pour une efficacité comptable maximum. Le leitmotiv était de (sur) protéger Sébastien Loeb, seul autorisé à gagner. Dani était là pour faire ses gammes et passer les plats. L’opportunité de se battre, de tenter de déboulonner l’empereur Loeb ne lui sera jamais accordée. Il y a là un cynisme cruel, niant toute dimension affective et sportive. Sordo se muas ainsi en lieutenant.

    Dani Sordo fut littéralement gâché, ruiné mentalement. Comment un pilote peut-il se réaliser s’il lui est interdit de se battre jusqu’au bout ? Rien ne dit qu’il aurait pu s’imposer face à l’ogre alsacien. Mais lui refuser de tenter sa chance jusqu’au bout l’a totalement bousillé. S’il a pu à plusieurs reprises semblé un peu court, fébrile, je suis persuadé que c’est à cause du contexte au sein de l’équipe. Lorsque son rêve est de prouver sa valeur, et que cela nous est interdit, le doute s’instille en nous. Au moment même où les espoirs de l’espagnol aurait dû être conforté, ils furent étouffés. Cette œuvre de destruction doit être mise sur le compte de la direction sportive de Citroën et de son gourou, Monsieur Fréquelin.

    La trajectoire de Sordo s’infléchit pour prendre une trajectoire descendante quant au même moment Ogier (du même âge), au volant de la même voiture, mais libéré de toute pression remportait son premier succès. Rincé, essoré mentalement, gâché, Sordo fut remercier pour ses loyaux services et remplacé par Ogier. Ce dernier devait incarner la relève chez les rouges, on sait maintenant ce qu’il en advint.

    Repêché par Prodrive sur le projet Mini, Sordo se vit enfin placé dans une position plus saine. Sa saison 2011 fut vraiment prometteuse. Au volant d’une Mini pourtant pas avantagée par un moteur quelque peu anémique, l’espagnol brilla. Libéré de l’ombre de Loeb, et de la politique écrasante du grizzli, Sordo est transfiguré. L’Ibère est redevenu fier, rapide, solide. Un pilote est né. Mais voilà, BMW a décidé « d’Harakirer » Mini. Le constructeur allemand a coupé le robinet. Prodrive s’est retrouvé avec un budget famélique. Au passage nous pouvons également questionner la capacité de l’équipe anglaise à trouver des budgets, des sponsors. Revoilà Sordo gâché avec un programme réduit à peau de chagrin.

    Son escapade sur l’île de beauté fut sans doute pour lui une bouffée d’oxygène. La victoire de la Mini S2000 confirme la pertinence de l’équivalence entre le 2 litre atmosphérique et le 1.6 litre turbo version S2000. Elle peut également ouvrir de nouvelles perspectives. L’IRC est un championnat attrayant, avec un niveau sportif homogène, mais qui a cruellement besoin de l’engagement d’un autre constructeur pouvant concurrencer Skoda. Peugeot et consorts refusant de s’impliquer totalement, il y’a là un boulevard pour Mini. Sordo a prouvé ce weekend la vélocité de la mini S2000. Le budget à réunir pour un championnat complet est également abordable pour une structure privée. Drive Pro si elle veut acquérir ses lettres de noblesse devrait y réfléchir.

    La victoire de ce weekend sacre un pilote qui a dû attendre trop longtemps au vu de son talent. Elle consacre la mue d’un pilote qui a réussi à se reconstruire. En espérant qu’une sœur WRC vienne bientôt s’ ajouter.

     Paul Huertas.

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  • FORD A LA PEINE… C’EST GRAVE DOCTEUR ?

    Le pauvre Malcolm ne doit plus savoir à quel saint se vouer. Ses nuits doivent être envahies de cauchemars rouges, car Ford fait bien face à un péril rouge.

    Wilson n’a sauvé, (une fois de plus), la participation de Ford en WRC que sur le fil du rasoir. Il a dut se serrer la ceinture. Les coupes budgétaires, et les doutes cycliques quant à l’engagement du constructeur, lui ont également interdit de signer Ogier, le seul pilote pouvant réellement menacer Loeb au championnat.

    Le boss de M-Sport a donc dû avaler son chapeau et reprendre Solberg dont le départ courant 2000 pour Subaru fut vécu comme une véritable trahison, un couteau en plein dos. Le norvégien et Latvala devaient représentaient les atouts de l’ovale bleu, Latvala dans le rôle du pilote de pointe devant chasser Loeb. Solberg quant à lui, devait servir de mascotte médiatique et de pilote numéro deux. Mais voilà, Latvala, après une fin de saison 2011 solide qui lui valut son statut de pilote numéro 1, est retombé dans ses travers d’adolescent confondant vitesse et précipitation. Au Monte-Carlo, il est sorti dans la 4è spéciale, en léchant d’un peu trop près une corde enneigée alors qu’il disposait déjà de 30 secondes d’avance. Ça doit être ça la définition de la bêtise en rallye ! Rebelote au Mexique ! Au 3è jour d’un rallye où il n’avait plus rien à espérer, sur le podium, à 1’16 d’Hirvonen (2è) et avec 17’’ d’avance sur son numéro 2, le finlandais (plus sortant que volant !) est reparti en tonneau. La manche lusitanienne a vu quant à elle le plus beau hara-kiri de la saison pour Ford ! Latvala qui décidément aime un peu trop les cordes, s’y ai encore pris les suspensions, alors que le doubler semblait promis à Ford.

    Comment expliquer ces sorties ? Mon explication serait tout simplement un manque de Quotient Intellectuel Rallye (QIR). Ce QIR, c’est ce qu’on appelle plus communément « la science de la course ». C’est ce qui vous permet de comprendre que parfois, par prudence il vaut mieux sacrifier une corde et quelques dixièmes. C’est savoir à quel moment placer une attaque. Une paire de scratch au bon moment vaut bien mieux que des scratchs enfilés comme des perles avant de sortir. C’est ce QIR qui fait les grands champions, Mäkinen et Loeb en sont les plus beaux exemples. McRae, Latvala eux sont plutôt à ranger dans la catégorie des « sous-développés du QIR », avec une distinction particulière pour le finlandais. Le voici dans une position bien délicate, et Malcolm avec. Que faire de son statut de numéro 1, qui n’a déjà plus la moindre chance de sacre ? Wilson vat-il devoir instaurer Solberg numéro 1 ? Ça risque de lui être dur à avaler. Et Solberg, offre-t-il les garanties pour pouvoir bousculer Loeb ?

    Le norvégien sort de trois saisons en privé quasi parfaites compte tenu du contexte qui était le sien. Il est le seul pilote en activité, champion du monde et ayant battu Loeb à la régulière. Il est persuadé de pouvoir le refaire, et bout de le démontrer. Mais force est de constater qu’il fait à peine mieux que Latvala. Solberg a failli au Portugal et en Argentine, à chaque fois en position de « leader » (Latvala hors-jeu). Après sa sortie au Portugal il a avoué être peut-être en train de trop attaquer. Bel aveu, mais aussi une preuve de manque d’intelligence dans sa gestion. Bis repetita en Argentine. Alors qu’il avait après seulement 3 spéciales, déjà 20 secondes d’avance il nous fait une Latvala. Mais au vu de la vidéo, l’impact ne semblait pas vraiment violent. Il en a fallu peu pour que la direction de sa monture se casse. La robustesse de la Ford pourrait peut-être remise en cause. Petter a pu sauver les meubles car à chaque fois il a pu repartir et accrocher aux forceps, et grâce à la maigreur du plateau, des points précieux.

     


    La situation de Ford semble donc bel et bien ressembler à une quadrature du cercle. Comment au vu du début de saison, l’ovale bleu pourrait-il raccrocher aux chevrons ? Car il faut bien se rendre à l’évidence, après 5 rallyes, la saison de Ford est mal engagée. Le retard accumulé semble déjà irrémédiable. Citroën n’est pas habituée à gâcher les points. Sa politique (anti) sportive est là pour le garantir, via l’application des consignes le plus tôt possible.

    Les deux pilotes Ford sont en difficulté, difficulté comptable mais également psychologique. Ils savent que le retard accumulé est difficilement récupérable et qu’il leur incombe entièrement. Néanmoins Solberg garde Loeb à portée de tir. Les 3 prochains rallyes seront décisifs. Ford et Solberg, s’ils veulent continuer à rêver du titre, doivent inverser les courbes (c’est de mode) avant l’Allemagne.

    Donc oui la situation est grave monsieur Wilson, mais pas désespérée.

     Paul Huertas.

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  • LETTRE OUVERTE A MONSIEUR FREQUELIN.

     


    Cher Monsieur Fréquelin, j’ai infiniment de respect pour votre œuvre dans le sport automobile. Vous avez construit la meilleure équipe de rallye qui soit, découvert et fait éclore Sébastien Loeb. Le sport automobile français vous doit énormément.

    Mais je tiens ici à donner un coup de patte au grizzli. Je suis en total désaccord avec votre vision de la compétition automobile, ou tout du moins votre virulente critique envers Olivier Quesnel, votre successeur. C’est vous qui l’avait installé à la tête de votre bébé. Il était l’héritier choisi, adoubé. Pourtant, vous n’avez eu de cesse de vilipender sa gestion sportive dès que l’opportunité s’en présentait.

    Juste un exemple parmi bien d’autre, dans l’émission « motors » de jean-Luc Roy, sur RMC Info, le 11/03/2012, une fois de plus vous lâchez, acerbe, aprés la décison d’Yves Matton au rallye du Mexique de figer les positions entre Loeb et Hirvonen, une nouvelle attaque contre la gestion Quesnel : « Enfin une bonne décision de prise dans cette équipe. » De votre pupitre vous distribuez les bons points « Je suis très satisfait de la décision de Yves, parce que l’année dernière ça été du grand n’importe quoi ». Est-ce parce que vous n’étiez pas satisfait des décisions d’Olivier Quesnel que celui-ci fut débarqué ? Est-ce également parce qu’il ne protégeait pas assez Loeb ?

    Vous défendez et prônez l’instauration de consignes. A mon sens les consignes sont le cancer du sport auto ! Vous partez du postulat que les constructeurs sont en compétition pour vendre des voitures, que des intérêts autrement supérieurs aux pilotes sont en jeux. Je comprends la logique mais souhaite y opposer une autre logique, celle du sport. La compétion automobile est un spectacle. L’intérêt pour le spectacle proposé naît de la concurrence sévère entre les protagonistes, des histoires à raconter, des luttes fratricides qui font le sel du sport et la passion. Tout le monde a en mémoire les luttes intestines Prost-Senna. Elles restent parmi les plus belles pages de l’histoire du sport auto. Ces luttes sont d’autant plus nécessaires, vitales, lorsqu’une équipe sur-domine la concurrence comme ce fut le cas de Citroën ces dernières années. De ces luttes naît l’engouement, qui permet d’élargir le public (donc de nouvelles cibles markéting), enclenchant un cercle vertueux bénéficiant à la médiatisation dudit championnat. C’est cette sacro-sainte médiatisation auprès du plus large public possible que cherchent les constructeurs engagés.

    En donnant des consignes scandaleuses, vous faussez le sport, provoquez la déception du public. Le championnat perd de son intérêt. Quel intérêt y’a-t-il à regarder Loeb parader pour Citroën, Total et RedBull ? Le risque est de voir le public se détourner, et le cercle vertueux de s’en trouver ainsi brisé ; baisse de la médiatisation, baisse de l’intérêt à engager des sommes dans un championnat, désertion de la compétition par ses acteurs. Vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis ! Il n’y a rien de pire pour l’intérêt d’un sport, qu’une ultra domination jamais inquiétée.

    Le sport auto est un spectacle devant engendrer de la passion, de la ferveur, entraînant de la médiatisation. De cette médiatisation, les constructeurs en tirent une aura, une image de marque, quelque chose qui ne se palpe pas mais qui fait vibrer.

    Respectueusement, et sportivement.

    Paul Huertas.

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